Hé salut ! Comme on se retrouve ! Et bienvenue sur ce nouvel article ! Aujourd’hui, je viens vous parler d’une de mes dernières lectures, celle dont les ventes ont bondis en France ces dernières semaines suite à la pandémie que nous traversons : je parle bien de La Peste, d’Albert Camus. Dans cet avis littéraire et les suivants, je vous résumerai d’abord l’histoire, en la contextualisant si besoin, puis vous donnerai mon avis sur la lecture.
La Peste fut écrite par Albert Camus (1913-1960) en 1947. Ce fut le roman le plus célèbre de l’auteur, traduit dans une dizaine de langues, et troisième roman le plus vendu au monde chez Gallimard après Le Petit Prince de Saint-Exupéry et l’Etranger, de Camus également. Ce roman permit à l’auteur de recevoir un Prix Nobel en 1957.

L’histoire se déroule à Oran, en Algérie dans les années 1940, alors que ce pays est une colonie française. Au milieu du mois d’avril, dans cette ville des plus ordinaire (et d’après le narrateur, assez laide) on retrouve des rats morts dans tous les immeubles de la ville. Au début peu nombreux, leur quantité augmente au fur et à mesure des jours et sans explications, faisant la une des journaux et devenant trop nombreux pour être éliminés par la ville. Mais, au bout de quelques semaines, les animaux disparaissent, laissant place à des premiers malades : “la fièvre était montée d’un seul coup à 40 degrés, le malade délirait sans arrêt et les vomissements avaient repris. Les ganglions du cou étaient douloureux”. Mais au départ, la vérité ne peut s’imposer ni des médecins, ni à la préfecture, “c’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’occident” Mais finalement et au bout de quelques jours, la préfecture est obligée de prendre les premières mesures de confinement face à cette maladie, qui plonge alors la ville dans l’enfermement, la peur continuelle et l’abattement, et ce durant plusieurs mois.
On suit l’histoire auprès de plusieurs personnages : Bernard Rieux, un des docteurs qui s’évertuera à lutter contre la maladie pendant de longs mois, Jean Tarrou, un homme d’un certain âge dont on sait peu de choses, mais qui prend notes de la tournure des évènements liés à l’épidémie, Rambert, un journaliste qui se retrouve malgré lui enfermé dans la ville et qui tente de s’enfuir, et Cottard, un homme avec plusieurs affaires sur le dos et qui tire profit de la situation. On découvre par eux toutes les mesures mises en place, la progression de la maladie, la réaction des habitants, leur quotidien. On remarque alors plusieurs catégories de réactions en fonction des personnages : ceux qui luttent, ceux qui laissent couler les événements sans faire grand chose, et ceux qui tire du malheur présent des avantages et qui viennent à souhaiter la prolongation de l’épidémie. D’autres personnages secondaires comme Joseph Grand et Paneloux permettent de décrire les différents comportements humains face à la situation exceptionnelle que traverse la ville.

Et c’est ici que le récit d’Albert Camus devient intéressant : même si l’histoire décrit en apparence la montée et la propagation d’une épidémie, elle dénonce aussi la montée du nazisme à cette époque en évitant ainsi la censure. “La peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise à plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme” Albert CAMUS. En effet, on peut établir de nombreux liens entre les deux phénomènes : la peste, comme le nazisme, se propage très vite et est difficilement contrôlable. Elle fait beaucoup de morts. Elle est très peu nommée et bouleverse les mentalités. On retrouve avec le nazisme les différents groupes de réactions que je vous décrivais au-dessus : les résistants, les passifs, (ou négationnistes, qui nient l’existence de la maladie) et les collabos (ou opportunistes). De façon plus global, le roman est une réflexion assez générale sur la liberté des hommes et les réactions qu’ils ont lorsqu’on les en prive, ainsi que sa place, son utilité dans le monde “Et bien, moi, j’en ai assez des gens qui meurent pour une idée. Je ne crois pas à l’héroïsme, je sais que c’est facile et j’ai appris que c’était meurtrier. Ce qui m’intéresse, c’est qu’on vive et qu’on meure pour ce qu’on aime.”.

J’ai beaucoup aimé ce livre, tout d’abord car il m’a permis de faire une comparaison avec ce que nous vivons en ce moment. Les ventes du livre en Europe ont explosé ces derniers mois, évidemment en référence à l’actualité. Je voulais lire ce livre depuis quelques temps, et en le lisant au début, je ne savais pas qu’il dénonçait le nazisme, et je le lisais donc au premier niveau de lecture, souriant parfois face aux similitudes entre le livre et notre quotidien (un médecin lanceur d’alerte face à une préfecture niant les faits, une population refusant au début d’agir selon les ordres,“Là encore, cependant, la réaction du public ne fut pas immédiate” , des morts de plus en plus importants…). Puis, découvrant pourquoi le récit fut écrit, je me suis mise à faire le parallèle entre la maladie et le nazisme, parfois très proches. Enfin, c’est l’un des premiers livres que je lis et qui laisse autant de place à la réflexion sur l’Homme, ses libertés et son rôle. “Il y a les fléaux et les victimes, et rien de plus. Si, disant cela, je deviens fléau moi-même, du moins, je n’y suis pas consentant. J’essaie d’être un meurtrier innocent. Vous voyez que ce n’est pas une grande ambition.”
Je vous conseille donc cette lecture, en temps de coronavirus ou non, car le roman est très intéressant, mais reste assez simple à lire, et pas trop long. Alors, à ceux qui n’osent justement pas lire de grands auteurs ou de classiques (oui, je fais référence à un de mes précédent article), lisez-le. Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et vous aura donné envie de lire ce livre. Si c’est le cas n’hésitez pas à en parler autours de vous, et en attendant je vous dis à bientôt !
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