Hé salut ! Comme on se retrouve ! Et bienvenue sur ce nouvel article ! Aujourd’hui, dans la lignée de mes articles parlant du Moyen-Orient, je viens pour vous parler de la révolution syrienne qui a eu lieu de 2011 à 2018, et vous expliquer certains enjeux internationaux qui ont été mêlés à ce conflit. Je ne parlerai pas de la situation actuelle, qui n’a guère évoluée depuis la fin du conflit étant donné que le régime contre lequel tout le peuple syrien c’était soulevé n’a pas été renversé. J’espère que cet article vous permettra d’en apprendre un peu plus, le but n’étant pas de relaté toute la chronologie de cette guerre mais d’en dresser un tableau assez général.
I- Contexte
Bachar El-Assad devient président de la République syrienne lorsqu’il succède à son père le 17 juillet 2000. Sa famille appartient à une minorité musulmane alaouite (représentant seulement 10% de la population contre 70% de sunnites). Il s’affirme comme étant et nationaliste. Ses principaux alliés militaires sont la Russie et l’Iran. Il se positionne contre Israël et l’Occident mais ne possède pas beaucoup de forces militaires.

Il représente alors un espoir pour beaucoup syrien : en effet, il est nouveau dans la sphère politique, à laquelle il portait peu d’intérêt au départ, son frère étant destiné au départ à succéder leur père. Au début, le nouveau président mène une politique économique et sociale démocratique. Mais, au bout de quelques mois, son gouvernement devient tyrannique et autoritaire : peu d’hommes possèdent les richesses de la Syrie,tandis que la population sombre dans la pauvreté. De plus, de 2006 à 2011 le pays connaît une période de grosse sécheresse, ce qui accroît la pauvreté, les terres étant dures à cultiver.
Enfin, Bachar Al-Assad a beaucoup de réseaux politiques, qui lui permettent de contrôler le pays. Le gouvernement martyrise les sunnites, qui sont majoritaires dans ce pays, depuis l’arrivée au pouvoir de son père dans les années 70.
La politique de Bachar El-Assad peut être considérée comme tyrannique et autoritaire, surtout dans les dernières années avant le commencement de la révolution syrienne.
II- Déclenchement

Depuis le début des années 2010, a débuté le mouvement des printemps arabes. Cette expression désigne le soulèvement de populations contre leurs gouvernements dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ils commencent en Tunisie, puis en Egypte en en Libye, et se propagent en Syrie en février 2011.
Suite à la situation économique et politique compliquée, en mars 2011 des enfant syriens écrivent sur un mur de la ville de Deraa “le peuple veut la chute du régime”, mais le gouvernement fait arrêter et torturer ces jeunes. Un slogan est alors repris dans les rues : “Ton tour arrive, docteur”(faisant référence à la l’ancienne profession d’ophtalmologue de Bachar El-Assad) et le peuple descend de plus en plus massivement dans la rue de façon pacifique pour demander la création d’un gouvernement plus démocratique. Malheureusement, le gouvernement réprime très rapidement de lourdement ces manifestation, et commence à bombarder les civils. Des fonctionnaires sont forcés de diffuser des images de propagande soutenant le président ainsi que son régime. Alors, au début des l’été, les manifestants commencent à s’armer. Cela va marquer le début d’une lutte qui va durer huit ans, et qui même aujourd’hui n’est pas tout à fait finie.
III- Révolution
a) L’action du peuple : Le 26 juillet 2011, le colonel Riyad El-Assad (qui n’a aucun lien de parenté par le président) fonde l’armée syrienne libre (ASL), pour lutter contre la répression et le gouvernement de Damas. L’ASL va réunir une grande partie de la population, permettant au mouvement de s’organiser et donnant des armes aux manifestants. Le groupe parvient à contrôler petit à petit certaines zones du pays entre 2011 et 2013, même si certaines villes craignaient au départ que le mouvement mette en péril l’économie et le commerce du pays. Ce fut notamment dans la région d’Alep et de Homs, qui furent les principaux atouts des rebelles, que les “rebelles”, comme le régime les désigna, vont s’installer.
b) La stratégie du gouvernement : Dès les premiers soulèvements, Bachar Al-Assad bombarde lourdement les villes qui se révoltent, fait emprisonner de nombreux manifestants, dont un grand nombre sont encore des jeunes enfants ou des adolescents. De plus, le gouvernement fait le pari dangereux de laisser le mouvement islamiste radical de Daech prendre du pouvoir dans le pays et contrôler une partie de la Syrie.Il va libérer des prisonniers politiques extrémistes au début de la révolutions, et ne combatit pas, lorsque les djiadite s’installeront, leur armée. Il espère ainsi que les autres Etats et le peuple syrien auront, après quelques années, à choisir entre le chaos extrémiste et le gouvernement de Bachar.
c) Les groupes islamistes : Les groupes islamistes vont profiter de cette occasion pour prendre de l’importance. Le groupe Daech va s’installer dans le nord de la Syrie, et martyriser une partie de la population locale. Il va prendre les armes des révolutionnaires qu’avaient fourni des états musulmans soutenant la rébellion. Puis, ils installent la capitale à Raqqa en 2014 et détruisent la cité antique de Palmyre.
d) Les actions extérieurs : Que ce soit pour soutenir la rébellion, défendre le régime de Bachar Al-Assad ou lutter contre le groupe islamiste de Daech, de nombreux pays se mêlent au conflit syrien et font de cette révolution un enjeu politico-militaire majeur dans les années 2010. Certains pays arabes alentour soutiennent l’opposition et l’arme (notamment les pays golf et ceux de l’Afrique saharienne), tandis que les pays Occidentaux, même si ils s’annoncent du côté de l’opposition, n’osent pas armer la population de peur que armes ne finissent dans les mains des groupes extrémistes, De leur côté, la Russie et l’Iran soutiennent le gouvernement, et le Qatar ainsi que l’Arabie saoudite se place au côté du groupe extrémiste.
A partir de 2013, le mouvement se transforme en une guerre civile, et n’est plus considéré comme une révolution. En effet, cela devient un combat armé qui oppose deux parties du pays, et qui mènent des stratégies militaires afin de prendre le pas sur l’autre groupe. De plus, les pays extérieurs se mêlent au combat : la Russie fait des alliances diplomatiques avec la Turquie et l’Iran, les Etats-Unis et une partie de l’Europe se battent contre le groupe djihadiste sur le sol syrien, et les Etats musulmans s’unissent contre Bachar Al-Assad.
Tandis que l’ASL depuis juillet 2011 avait uni une partie de la population et s’était implantée dans des villes importantes, le régime Al-Assad va reprendre du pouvoir en bombardant les villes syriennes occupées par l’opposition à partir de 2014, pour récupérer les dernières zones occupées par les rebelles en 2018. La stratégie qu’a menée le gouvernement syrien en décidant de ne pas attaquer l’Etat islamique semble avoir marché : en effet, les pays occidentaux vont décider de s’attaquer à Daech et ne vont pas lutter contre le régime syrien. Cela a permis au gouvernement de reprendre le contrôle des zones qui s’étaient rebellé contre lui, et de mettre fin à la guerre civile.

IV- Fin
En décembre 2016 la ville de rebelles d’Alep tombe dans les mains du gouvernement, et l’opposition perd son atout principal. En 2018 l’une des dernières régions où restaient des rebelles, le Ghouta, est attaquée par le régime, qui mène un bombardement intensif, puis prise. Au nord, en 2019 les forces américaines ainsi qu’une partie des troupes européennes parviennent à détruire l’Etat de Daech (depuis 2017 Raqqa avait été pris, et le groupe avait commencé à s’affaiblir petit à petit) le calife fut tué l’année dernière. En 2018, le conflit avait fait plus de 400 000 morts, une partie de la population ayant été tuée lors de bombardements aériens ou des sièges. Plus de 5 millions de syriens se sont déplacés, soit au sein de la Syrie soit dans l’espoir de rejoindre l’Europe. La Turquie a reçu ces cinq dernières années un flot important de migrants, qui vivent soit dans des camps dans ce pays, soit en Grèce ou en Europe. De plus, la situation économique en Syrie est compliquée, de nombreuses structures fondamentales comme les écoles ou les hôpitaux n’existant plus, et le gouvernement n’a pas les moyens de réparer cet état détruit. Enfin, même si Bachar Al-Assad a repris le contrôle du pays, il n’est toujours pas accepté par une partie de la population qui souhaite un changement de régime.
Sur le plan international aussi la situation se complique pour ce pays : même si la Russie reste un allié proche de la Syrie, depuis le début de l’année, la situation se tend entre la Syrie et la Turquie. En effet, le nombre important de migrants syriens sur le territoire turc et le conflit avec les Kurdes (peuple vivant entre la Syrie et la Turquie, ennemi de cette dernière), complique leur relation. Enfin, la Russie n’a pas les moyens de réparer les dommages dû aux bombardements des dernières années, et les pays européens ne veulent pas de venir en aide au pays tant que Al-Assad reste au pouvoir.
400 000 morts
5 millions de migrants fuyant leurs pays
Destruction de toutes les infrastructures : écoles, hôpitaux, administrations, logements…
En conclusion, il est important de retenir que la révolution syrienne, qui s’est au départ inscrite dans la foulée des printemps arabe, s’est très rapidement transformée en un conflit armé entre le régime en place et la population qui a tenté de s’organiser. Mais, cette bataille est ensuite devnue internationale avec l’arrivée du groupe islamiste Daech, qui a poussé certains pays à se joindre au conflit, tandis que les pays musulmans ayant réussi leur printemps soutenaient la rébellion. Malheureusement, ce combat pour la liberté fut un échec, et le régime autoritaire ne put être renversé. Aujourd’hui, la situation en Syrie est critique, la population étant obligée de se soumettre au gouvernement qui l’a battue, et qui n’a rien pour rebâtir un État avec des institutions solides. Le peuple parviendra-t-il, dans les prochaines années, à acquérir plus de liberté ? Cette question reste aujourd’hui en suspens…
Voilà, on arrive au bout de cet article. J’espère qu’il vous aura plu, et si c’est le cas n’hésitez pas à le partager ou à me le dire en commentaire. Et en attendant une nouvelle lecture ou un autre article sur le Moyen-Orient, je vous dis… à bientôt !
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